Comprendre l’IRSA à Madagascar : comment sont calculés vos impôts sur le salaire ?
Quand vous recevez un bulletin de paie à Madagascar, une ligne revient toujours : IRSA. Et c’est souvent la ligne la moins populaire.
Si vous préparez une expatriation, un contrat local ou des embauches sur place, vous devez savoir au minimum :
- ce que signifie IRSA ;
- qui y est soumis ;
- comment il est calculé ;
- et ce que ça change concrètement sur un salaire net.
1. L’IRSA, c’est quoi exactement ?
IRSA signifie Impôt sur les Revenus Salariaux et Assimilés. C’est l’impôt prélevé à la source sur :
- les salaires et traitements (secteur public ou privé) ;
- les rémunérations de dirigeants et administrateurs (dans certains cas) ;
- les indemnités et primes qui ont le caractère de complément de salaire.
En clair : dès que vous touchez un revenu de travail déclaré à Madagascar, il est très probable qu’il y ait de l’IRSA dessus. C’est l’employeur qui :
- calcule l’impôt,
- le retient sur le salaire,
- puis le reverse à l’administration fiscale.
2. Qui paie l’IRSA ?
Sont en principe soumis à l’IRSA :
- les salariés travaillant à Madagascar, quelle que soit leur nationalité ;
- les dirigeants de sociétés qui perçoivent des rémunérations assimilées à des salaires ;
- les personnes payées par des ONG, ambassades, projets, organismes internationaux au titre d’un emploi salarié exercé à Madagascar.
L’IRSA ne concerne pas :
- les bénéfices d’une activité indépendante (soumis à d’autres impôts),
- les revenus fonciers ou de capitaux (autres catégories).
Ici, on se concentre sur le cas le plus fréquent pour un expatrié : le salaire versé par une structure malgache.
3. Les 3 étapes pour calculer l’IRSA
En pratique, on suit toujours la même logique :
- Déterminer la base imposable.
- Appliquer le barème par tranches.
- Vérifier le minimum de perception.
3.1. Étape 1 : la base imposable
On ne calcule pas l’IRSA sur le salaire brut tel quel. On commence par enlever certaines cotisations obligatoires (notamment sociales).
De façon simplifiée, pour un salarié classique :
Base imposable ≈ Salaire brut − cotisations salariales obligatoires (CNAPS, OSTIE, etc.)
La base est ensuite en principe arrondie à la centaine d’Ariary inférieure.
3.2. Étape 2 : le barème par tranches
L’IRSA est progressif par tranches. Chaque « tranche » de revenu est taxée à un taux différent.
À la date de rédaction, pour le régime de droit commun, le barème est le suivant (montants mensuels en Ariary) :
- jusqu’à 350 000 Ar : 0 % ;
- de 350 001 à 400 000 Ar : 5 % ;
- de 400 001 à 500 000 Ar : 10 % ;
- de 500 001 à 600 000 Ar : 15 % ;
- au-delà de 600 000 Ar : 20 %.
On calcule donc l’IRSA tranche par tranche, puis on additionne.
3.3. Étape 3 : le minimum de perception
La loi prévoit un minimum d’IRSA à payer, même si le calcul donne un résultat très faible. Si le montant obtenu est inférieur à ce minimum, on applique le minimum.
Concrètement : si votre IRSA calculé est très bas mais que votre salaire dépasse un certain niveau, vous ne pouvez pas descendre en dessous d’un petit montant fixe mensuel.
4. Exemple concret n°1 : salaire modeste
Prenons un exemple simplifié pour comprendre la mécanique.
Cas 1 : un salarié a une base imposable de 500 000 Ar (après déduction des cotisations).
On applique le barème :
- 0 % sur les premiers 350 000 Ar → 0 Ar ;
- 5 % sur la tranche 350 001 – 400 000 Ar (soit 50 000 Ar) → 2 500 Ar ;
- 10 % sur la tranche 400 001 – 500 000 Ar (soit 100 000 Ar) → 10 000 Ar ;
- pas de tranche à 15 % ni 20 %, car on ne dépasse pas 500 000 Ar.
IRSA total = 2 500 + 10 000 = 12 500 Ar
Le bulletin de paie montrera donc, en simplifiant :
- Salaire brut : 500 000 Ar + cotisations…
- Base imposable : 500 000 Ar
- IRSA : 12 500 Ar
- Salaire net (hors autres retenues) = base imposable − IRSA ( + éventuels avantages)
5. Exemple concret n°2 : salaire plus élevé
Cas 2 : un salarié cadre a une base imposable de 588 000 Ar.
On déroule le barème :
- 0 % sur 350 000 Ar → 0 Ar ;
- 5 % sur 50 000 Ar (350 001 – 400 000) → 2 500 Ar ;
- 10 % sur 100 000 Ar (400 001 – 500 000) → 10 000 Ar ;
- 15 % sur 88 000 Ar (500 001 – 588 000) → 13 200 Ar ;
- 20 % → 0 Ar (on ne dépasse pas 600 000 Ar).
IRSA total = 2 500 + 10 000 + 13 200 = 25 700 Ar
Si le minimum de perception prévu par la loi est inférieur à ce montant, on garde ce calcul. S’il était supérieur, on appliquerait le minimum.
6. IRSA pour un expatrié : contrat local vs revenus étrangers
Si vous êtes expatrié à Madagascar, plusieurs situations sont possibles :
6.1. Vous avez un contrat local malgache
Votre employeur (entreprise, ONG, projet, etc.) :
- calcule l’IRSA chaque mois sur votre salaire brut local ;
- retient l’impôt directement sur votre bulletin de paie ;
- verse le montant à l’administration fiscale.
Dans ce cas, vous voyez clairement l’impact de l’IRSA sur votre salaire net.
6.2. Vous êtes payé depuis l’étranger (télétravail, mission internationale)
Là, les choses se compliquent :
- revenus perçus sur un compte à l’étranger,
- statut fiscal dans votre pays d’origine,
- éventuelle imposition à Madagascar selon votre situation.
Si les montants sont significatifs, il est raisonnable de consulter :
- un conseiller fiscal dans votre pays d’origine,
- et/ou un professionnel local à Madagascar.
L’article présent vise à expliquer le fonctionnement de l’IRSA, pas à couvrir tous les cas de double imposition possibles.
7. IRSA côté employeur : ce qu’il faut retenir
Si vous envisagez de créer une activité à Madagascar et d’embaucher, vous devrez intégrer l’IRSA dans votre gestion de paie :
- l’IRSA est retenu à la source par l’employeur ;
- il est déclaré et versé à l’administration selon une périodicité définie (mensuelle, etc.) ;
- vous devez conserver les justificatifs (bulletins de paie, déclarations, reçus).
La plupart des entreprises s’appuient sur :
- un cabinet comptable ;
- ou un logiciel de paie mis à jour avec les textes fiscaux.
8. Limites de ce guide et bonnes pratiques
Ce guide a un objectif simple : vous permettre de comprendre comment votre IRSA est calculé et ce que signifient les lignes de votre bulletin de paie.
En résumé :
- l’IRSA est un impôt progressif par tranches sur les revenus salariaux ;
- il est prélevé à la source par l’employeur ;
- il existe un minimum d’imposition ;
- les taux et barèmes peuvent évoluer avec les lois de finances.
Pour un futur résident ou un expatrié, l’important est de :
- vérifier régulièrement les textes officiels (loi de finances, site des impôts) ;
- demander des explications claires à l’employeur ou au cabinet comptable ;
- ne pas construire un projet de vie à Madagascar sur des hypothèses floues.
Avec ce guide, vous pouvez déjà lire votre bulletin de paie autrement : ligne par ligne, en sachant où part votre argent et pourquoi.