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Androy : vivre au cœur du Grand Sud malgache, entre brousse épineuse, sécheresse et culture antandroy
Informations clés
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Chef-lieu :
Ambovombe -
Ancienne Province :
Toliara -
Population :
900 235 habitants -
Superficie :
18 916 km² -
Densité :
47,5 hab/km²
Androy est l’une des 23 régions de Madagascar, située à l’extrême sud, dans l’ancienne province de Toliara. Elle couvre environ 19 000 km² et compte près de 900 000 habitants, avec une densité relativement faible mais une forte concentration autour d’Ambovombe-Androy, son chef-lieu. Le territoire se trouve entre le fleuve Mandrare à l’est et le Menarandra à l’ouest, bordé par la région d’Anosy au nord et à l’est et par Atsimo-Andrefana au nord-ouest, avec une longue façade sur l’océan Indien au sud.
La région est majoritairement peuplée par les Antandroy, groupe ethnique connu pour sa résilience dans un milieu très aride, sa culture pastorale et l’importance du zébu comme symbole de richesse et de statut social. Androy est souvent décrite comme “terre des épines”, en référence à sa végétation de brousse épineuse, de forêts sèches et de savane, avec très peu de cours d’eau permanents en dehors du Mandrare. Les paysages sont spectaculaires mais rudes : sols secs, dunes, arbustes épineux, villages en matériaux locaux, vent quasi permanent.
Administrativement, la région comprend plusieurs districts : Ambovombe, Bekily, Beloha, Tsihombe et Antanimora Atsimo, divisés en plus de 50 communes. Ambovombe joue le rôle de carrefour routier et de centre administratif, commercial et social, même si les infrastructures restent limitées par rapport aux grandes villes du nord. L’extrême sud malgache, dont Androy est le cœur, est continuellement cité comme l’une des zones les plus vulnérables du pays au changement climatique, aux sécheresses répétées et à l’insécurité alimentaire (épisodes de “Kere”).
Malgré ces difficultés, la région développe des initiatives d’agroécologie, de gestion de l’eau, de reboisement et de résilience communautaire, soutenues par des ONG et des projets de coopération. Pour un projet d’installation, Androy offre une immersion profonde dans le “Grand Sud” malgache, mais demande une préparation solide, une grande capacité d’adaptation et souvent une motivation liée à des projets humanitaires, de développement ou d’aventure.
Le climat d’Androy est semi-aride à subaride, avec une pluviométrie très faible (environ 400 mm de pluie par an en moyenne, parfois moins sur la côte sud-ouest). Les pluies sont irrégulières, concentrées sur quelques mois entre décembre et février, et les années de déficit pluviométrique sont fréquentes, entraînant des sécheresses sévères et des épisodes de “Kere” (famine). Les températures sont élevées tout au long de l’année, avec un soleil fort et des vents secs, notamment le “tiokatimo” qui accentue l’évaporation et la sécheresse. Ce climat rend l’agriculture difficile, limite la disponibilité en eau et impose un mode de vie très adapté à la rareté, avec des cultures résistantes à la sécheresse et un rôle central de l’élevage.
L’économie d’Androy est dominée par l’agriculture de subsistance et l’élevage, fortement dépendants d’un climat sec et imprévisible. Les cultures principales sont le manioc, le maïs, les patates douces, les légumineuses, les arachides, le sorgho, le mil, toutes choisies pour leur résistance à la sécheresse. L’élevage de zébus, de chèvres et de moutons est central, fournissant lait, viande, cuir, mais surtout prestige et sécurité sociale pour les familles antandroy. Quelques cultures de rente subsistent, comme le sisal dans la basse vallée du Mandrare et les arachides, mais l’industrialisation et le secteur formel sont très limités. Le commerce se concentre dans les marchés hebdomadaires des grandes communes, où s’échangent bétail, produits agricoles, artisanat simple et biens de base.
Le tourisme à Androy reste confidentiel, surtout orienté vers les voyageurs en quête d’authenticité et d’itinéraires “Grand Sud”. Les principaux attraits sont les paysages de brousse épineuse, les dunes côtières, les villages antandroy, les troupeaux de zébus, les marchés ruraux et la découverte d’une culture profondément adaptée à la sécheresse. Ambovombe et Tsihombe servent souvent d’étapes sur les routes qui rejoignent Fort-Dauphin (Taolagnaro) ou Toliara via des pistes difficiles, parfois sablonneuses. Le littoral sud, peu développé, offre quelques plages sauvages et zones de pêche, mais sans grande infrastructure hôtelière. Ce tourisme “aventurier” nécessite des véhicules 4x4, un bon guide local et une autonomie importante en eau et en provisions.
La vie quotidienne dans l’Androy est rythmée par la recherche de l’eau, la gestion du bétail et les petites cultures. Les habitants parcourent parfois de longues distances pour trouver des points d’eau, les femmes et enfants jouant souvent un rôle central dans cette corvée. Les villages sont constitués de maisons en matériaux locaux (bois, terre, feuilles, épineux), organisés autour de la famille élargie et des troupeaux. Les marchés hebdomadaires sont des moments clés de sociabilité et d’échanges (aliments, artisanat, informations). Pour un nouvel arrivant, le quotidien signifie chaleur, poussière, vent, rareté de l’eau, mais aussi relations très directes avec la communauté, vie simple et forte solidarité locale. Les services (santé, éducation, électricité) restent limités et concentrés dans les centres de district.
Sur le plan sécuritaire, Androy ne connaît pas le niveau de délinquance urbaine des grandes villes, mais impose d’autres types de vigilance. Les principaux risques sont les conditions naturelles extrêmes (sécheresse, manque d’eau, isolement), l’état des routes et pistes, et parfois le vol de bétail. Il est fortement recommandé de ne pas voyager de nuit, de bien préparer ses trajets (eau, carburant, nourriture), de s’informer des conditions locales et de toujours se déplacer avec des guides ou chauffeurs connaissant la région. Sur le plan social, le respect des coutumes antandroy, des lieux sacrés et des règles autour du zébu est essentiel pour éviter les conflits. Enfin, en raison de la vulnérabilité des populations, il est important d’adopter une attitude responsable et respectueuse, notamment pour les projets humanitaires ou de développement.
Accéder à Androy demande du temps et une bonne logistique. Depuis Antananarivo, la route passe en général par Fianarantsoa et Toliara ou par la RN13 via Ihosy et Betroka, puis rejoint Ambovombe, à environ 1 000 km de la capitale. Les routes principales sont partiellement goudronnées, mais beaucoup de tronçons restent en très mauvais état, et les pistes secondaires vers les communes et villages exigent souvent un 4x4, surtout en saison de pluies sporadiques. Les déplacements se font en taxi-brousse longue distance, camions, 4x4, motos et parfois charrettes. Il existe des aérodromes dans certaines villes du Grand Sud, mais les liaisons sont irrégulières et dépendent des compagnies. Pour un expatrié, une bonne préparation des trajets et la collaboration avec des transporteurs locaux fiables sont indispensables.
Profils idéaux pour cette région
Aventuriers
Androy est idéale pour des aventuriers prêts à vivre dans une région très isolée, semi-désertique, avec peu de confort moderne, mais une culture antandroy unique, des paysages bruts et la sensation d’être au “bout du monde”.
Entrepreneurs
Adaptée à des entrepreneurs engagés dans des projets de développement rural, d’agroécologie, de gestion de l’eau, de reboisement, de santé communautaire ou de petites activités liées au bétail et à la résilience climatique, souvent en partenariat avec ONG
Investisseurs
Intéressante pour des investisseurs à impact qui souhaitent soutenir des projets d’accès à l’eau, d’énergies renouvelables, d’agroécologie ou d’infrastructures de base, dans une région prioritaire pour la lutte contre la pauvreté et l’adaptation au change
- Androy Actuelle
- Anosy 809 051
- Atsimo Andrefana 1,80 M
- Menabe 692 463