Vivre au quotidien à Madagascar : la vraie vie loin des cartes postales

Publié le 27/11/2025 par Jao Malaza
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Vivre au quotidien à Madagascar : la vraie vie loin des cartes postales

Sur les photos, Madagascar, ce sont des plages, des baobabs, des lémuriens. Dans la vraie vie, ce sont aussi des coupures d’eau, des coupures d’électricité, des embouteillages, des marchés, des voisins, des sourires… et parfois des frustrations.

Si vous préparez une installation, vous avez besoin d’autre chose que de belles images : vous avez besoin de comprendre à quoi ressemble une journée “normale” à Madagascar, avec ses bons côtés et ses contraintes.

Dans ce guide, on va parler sans filtre (mais sans exagération) de :

  • le rythme de vie et le temps qui ne s’écoule pas comme en Europe ;
  • l’eau et l’électricité (et leurs humeurs) ;
  • les transports et déplacements ;
  • l’alimentation, les courses, les marchés ;
  • les relations au quotidien avec les Malgaches ;
  • le choc culturel… et comment le traverser sans exploser.

1. Le rythme de vie : le temps ne se vit pas pareil

Première réalité : à Madagascar, le rapport au temps n’est pas celui d’un agenda de cadre parisien. Vous allez rapidement découvrir :

  • les rendez-vous qui commencent plus tard que prévu ;
  • les files d’attente pour certaines démarches administratives ;
  • les travaux, coupures, imprévus qui décalent la journée ;
  • un rythme social où l’on prend davantage le temps de parler, de saluer, de s’asseoir.

Ce n’est ni “mieux” ni “moins bien”, c’est différent. Si vous arrivez avec l’idée que tout doit être réglé à la minute près, vous allez passer votre temps à vous énerver.

L’enjeu, ce n’est pas de “devenir malgache”, mais d’apprendre :

  • à intégrer une marge d’imprévu dans vos journées ;
  • à identifier les interlocuteurs et structures qui respectent vraiment les horaires ;
  • à choisir vos batailles (tout ne vaut pas une crise de nerfs).

2. Électricité et eau : anticiper les coupures

C’est un point que les brochures touristiques oublient souvent : à Madagascar, selon les villes et les quartiers, il peut y avoir :

  • des coupures d’électricité plus ou moins fréquentes ;
  • des coupures d’eau ou des chutes de pression ;
  • des variations de qualité de l’eau du robinet.

Concrètement, cela veut dire que pour vivre confortablement, vous allez devoir :

2.1. Côté électricité

  • prévoir au minimum quelques lampes rechargeables ;
  • pour le télétravail : un onduleur et éventuellement une petite solution de secours (batterie, kit solaire, coworking en plan B) ;
  • éviter de dépendre à 100 % d’un seul appareil électrique critique.

2.2. Côté eau

  • avoir un stock d’eau de secours à domicile (bidons, bonbonnes) ;
  • prévoir un système de filtration ou d’eau en bouteille pour la boisson ;
  • intégrer l’idée que certains jours, la douche se prendra à un autre moment que celui que vous aviez prévu.

Ce n’est pas le chaos permanent, mais c’est assez fréquent pour qu’il faille intégrer ces réalités dans votre vie au quotidien.

3. Transports et déplacements : la théorie et la pratique

Les transports à Madagascar, c’est un mélange de :

  • voitures personnelles ;
  • taxis “classiques” (ville) ;
  • taxis-brousse (interurbains) ;
  • transport informel plus ou moins organisé ;
  • et dans certaines villes, tuk-tuk ou équivalents.

3.1. En ville (Antananarivo, grandes villes)

À Tana et dans d’autres grandes villes, le problème majeur, ce sont les embouteillages. Il est courant de :

  • passer une heure pour faire quelques kilomètres aux heures de pointe ;
  • voir les horaires réels s’étirer à cause de la circulation ;
  • devoir penser vos logements aussi en termes de distance/relation avec l’école, le travail, la clinique, etc.

Si vous n’avez pas de voiture personnelle :

  • vous utiliserez des taxis ou service chauffeur ;
  • certains expatriés et résidents fonctionnent avec un chauffeur attitré ;
  • côté budget, ces déplacements doivent être intégrés à votre calcul mensuel.

3.2. Entre villes

Pour se déplacer entre les grandes villes, vous aurez :

  • les taxis-brousse (solutions les plus économiques) ;
  • les vols intérieurs (quand ils existent, plus chers) ;
  • les trajets en voiture privée, parfois longs et fatigants.

Les routes peuvent être belles ou abîmées, selon les tronçons, les saisons, les travaux. On ne calcule pas un trajet “Tana–province” comme un Paris–Lyon sur autoroute.

4. Faire ses courses et manger : entre marché, supermarché et compromis

Bonne nouvelle : il est tout à fait possible de bien manger à Madagascar. Mais ce ne sera pas forcément comme “chez vous”.

4.1. Marchés et produits frais

Les marchés offrent :

  • fruits et légumes de saison ;
  • épices, riz, produits locaux ;
  • viande, poisson (avec des niveaux de qualité variables).

Vous pouvez faire une grande partie de vos courses là, pour un budget très raisonnable, à condition d’apprendre :

  • où acheter quoi ;
  • comment vérifier la fraîcheur ;
  • comment cuisiner localement.

4.2. Supermarchés et produits “importés”

Pour les produits “à l’européenne” (fromage, certaines marques, produits transformés, vin, etc.) :

  • vous les trouverez surtout en supermarché ;
  • les prix peuvent être proches, voire supérieurs aux prix européens ;
  • les disponibilités peuvent varier.

Moralité :

  • si vous tenez à reproduire exactement votre frigo européen, votre budget explose ;
  • si vous acceptez de vous adapter et de mixer local + quelques produits importés, votre budget alimentation reste très raisonnable.

5. Relations au quotidien : politesse, respect, codes sociaux

Vivre à Madagascar, ce n’est pas juste “poser ses valises” dans un autre décor. C’est vivre au milieu d’une société avec ses codes, ses règles implicites, ses sensibilités.

5.1. Saluer, remercier, prendre le temps

La politesse et le respect sont très importants. Concrètement :

  • on prend le temps de saluer avant d’attaquer un sujet ;
  • on évite le ton sec ou agressif, surtout en public ;
  • on évite de “faire la morale” de façon frontale à quelqu’un.

Un étranger qui se montre respectueux, patient, et qui apprend quelques mots de malgache gagne énormément en qualité de relation au quotidien.

5.2. Rapport à l’argent et aux inégalités

Madagascar est un pays où les inégalités de revenus sont fortes. Vous serez probablement, objectivement, dans la partie “aisée” de la population.

Ça implique :

  • de faire attention à la manière dont vous parlez d’argent, de “petits” prix, etc. ;
  • de comprendre la réalité quotidienne d’une grande partie de la population ;
  • d’être clair mais respectueux dans vos relations : aide, solidarité, limites.

5.3. Langue : français, malgache, et malentendus

Le français est présent (surtout en ville, chez les instruits, dans les administrations), mais ce n’est pas la langue de tout le monde.

Apprendre :

  • quelques formules simples en malgache ;
  • des mots de salutation, de remerciement, de politesse ;
  • les prénoms, habitudes de présentation ;

… change radicalement votre expérience. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est un énorme signe de respect.

6. Choc culturel : ce qui peut vous surprendre (et comment le gérer)

Même si vous êtes déjà venu en vacances, l’installation longue durée va forcément créer un choc culturel.

6.1. Ce qui surprend souvent

  • la pauvreté et les situations difficiles visibles dans certains quartiers ;
  • le contraste entre votre niveau de vie et celui de la majorité ;
  • la lenteur et la complexité de certaines démarches ;
  • les coupures, les imprévus, l’absence de “service client” à l’occidentale.

À l’inverse, beaucoup sont surpris par :

  • les sourires et la chaleur de gens qui ont peu ;
  • la capacité d’adaptation et de débrouille ;
  • le soutien familial et communautaire entre Malgaches.

6.2. Comment le vivre sans exploser

  • accepter que vous ne changerez pas le pays en trois mois ;
  • apprendre à distinguer ce qui dépend de vous et ce qui n’en dépend pas ;
  • garder un espace pour en parler (amis, autres résidents, parfois un pro si nécessaire) ;
  • avoir des moments “bulle d’air” (activités, nature, sorties, etc.).

7. Quotidien d’un retraité, d’une famille, d’un télétravailleur

7.1. Retraité

Votre quotidien tournera autour :

  • des marchés, des promenades, éventuellement de petites activités ;
  • des rendez-vous médicaux de suivi ;
  • de la vie sociale (voisins, associations, communauté expat).

Le risque principal : l’isolement, si vous vous coupez trop des autres résidents ou des Malgaches.

7.2. Famille

Journée type :

  • trajets école (souvent motorisés) ;
  • gestion de la maison (courses, personnel éventuel, organisation) ;
  • activités enfants, devoirs, suivi scolaire ;
  • temps en famille, sorties selon le budget.

La logistique (transport + école + imprévus) prendra plus de temps que dans une grande ville européenne.

7.3. Télétravailleur

Votre principale contrainte sera :

  • la connexion internet (stabilité, coupures, débit) ;
  • les coupures d’électricité ;
  • l’équilibre entre le temps de travail “online” et la vie locale “offline”.

Mais bien organisé, vous pouvez bénéficier :

  • d’un coût de vie plus bas ;
  • d’un cadre de vie plus agréable qu’une grande métropole occidentale ;
  • d’un quotidien où travail distant + vie locale se combinent plutôt bien.

Conclusion : une vraie vie, pas un décor

Vivre à Madagascar, ce n’est pas “partir en vacances prolongées”. C’est vivre dans un pays :

  • où les infrastructures sont parfois fragiles ;
  • où les inégalités sont fortes ;
  • où le quotidien demande plus d’adaptation qu’en Europe ;
  • mais où les liens humains et certaines libertés de vie sont précieux.

Si vous acceptez :

  • les coupures ;
  • les lenteurs ;
  • les décalages culturels ;

…alors vous pouvez découvrir une vie plus simple, plus “réelle”, avec des difficultés, oui, mais aussi une richesse humaine que beaucoup ne retrouvent plus ailleurs.

L’objectif de ce guide n’est pas de vous vendre un rêve, mais de vous donner les éléments pour décider si cette vraie vie à Madagascar est celle que vous voulez vraiment vivre.