Vivre au quotidien à Madagascar : transport, internet, marché et rythme de vie

Publié le 27/11/2025 par Jao Malaza
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Vivre au quotidien à Madagascar : transport, internet, marché et rythme de vie

Quand on parle de Madagascar, on pense souvent à la nature, à la mer et aux lémuriens. Mais si vous vous installez ici, votre réalité quotidienne sera surtout faite de taxis, de taxi-be, de connexion internet plus ou moins coopérative, de marchés, de supermarchés, de voisins et d’un rythme de vie très différent de celui d’une grande ville européenne.

Cet article est là pour vous montrer la vraie vie de tous les jours à Madagascar, telle que peuvent la vivre :

  • les télétravailleurs qui bossent à distance ;
  • les familles avec enfants ;
  • les retraités qui veulent profiter de leur temps.

1. Se déplacer en ville : taxi, taxi-be, voiture, chauffeur

La première différence avec l’Europe : ici, vos déplacements ne se résument pas à “je saute dans le métro et j’y suis en 15 minutes”.

1.1. Les taxis “classiques”

Dans les grandes villes, surtout à Antananarivo, vous trouverez facilement des taxis :

  • on les prend dans la rue ou on les appelle par téléphone / application / contact ;
  • on négocie généralement le prix avant de monter ;
  • le confort est variable, mais ça fonctionne.

Pour un expatrié, un retraité ou une famille, les taxis sont souvent le moyen le plus simple de se déplacer au quotidien sans gérer une voiture au début.

1.2. Les taxi-be (bus urbains)

Les taxi-be, ce sont les minibus urbains :

  • très utilisés par la population locale ;
  • très économiques ;
  • horaires et confort… variables.

Si vous êtes télétravailleur ou retraité, vous pouvez les utiliser pour comprendre la ville et le quotidien des habitants, mais ce ne sera pas forcément votre mode de transport principal, surtout en heure de pointe ou avec de jeunes enfants.

1.3. Avoir une voiture (avec ou sans chauffeur)

Beaucoup de résidents finissent par :

  • acheter une voiture sur place ;
  • et parfois, recourir à un chauffeur (occasionnel ou régulier).

Pourquoi un chauffeur ?

  • parce que la circulation peut être dense, stressante, parfois déroutante ;
  • parce que vous préférez travailler / gérer vos appels pendant les trajets ;
  • parce que vous n’êtes pas à l’aise avec la conduite dans un environnement très différent.

Ce n’est pas une obligation, mais c’est une option réaliste pour télétravailleurs, familles et certains retraités.

1.4. Temps de trajet : la vraie contrainte

Ce qui surprend souvent, ce ne sont pas les moyens de transport, mais les temps de trajet.

À Antananarivo notamment, les embouteillages peuvent :

  • transformer 5 km en 45 minutes ;
  • imposer de partir bien plus tôt pour l’école ou un rendez-vous ;
  • influencer directement le choix de votre quartier de résidence.

En clair : pour ta qualité de vie, le trio “logement – école – lieu de travail/coworking” doit être pensé ensemble, pas séparément.

2. Internet : indispensable pour les télétravailleurs, important pour tous

Pour un télétravailleur, internet n’est pas un confort, c’est l’oxygène. Pour une famille ou un retraité, c’est un lien avec l’extérieur.

2.1. Technologies disponibles

Selon les villes et quartiers, vous pouvez trouver :

  • fibre ou ADSL dans certains quartiers bien desservis ;
  • 4G via les opérateurs mobiles, avec routeur ou partage de connexion ;
  • des solutions hybrides (box 4G, offres “fixes” via mobile).

La qualité dépend :

  • de la ville ;
  • du quartier ;
  • de l’opérateur choisi ;
  • et parfois… de l’humeur du réseau.

2.2. Bonnes pratiques pour télétravailleurs

Si vous travaillez en ligne, votre kit minimum devrait inclure :

  • une connexion principale (fibre ou box 4G) ;
  • un plan B (4G d’un autre opérateur sur smartphone, par exemple) ;
  • un onduleur ou une batterie pour passer les petites coupures électriques ;
  • éventuellement un coworking pas trop loin, en plan de secours.

Il faut accepter que, certains jours, votre planning se synchronise avec celui de l’électricité et d’internet.

2.3. Familles et retraités

Même si vous ne télétravaillez pas :

  • internet reste important pour les enfants (école, loisirs, contacts) ;
  • pour les retraités, c’est un lien précieux avec la famille, la banque, l’administration du pays d’origine.

Donc oui, même à la retraite, une bonne connexion internet fait partie du quotidien “normal” à prévoir.

3. Faire ses courses : marché, supermarché, budget

Votre frigo en dira plus sur votre installation que vos réseaux sociaux.

3.1. Les marchés

Les marchés sont le cœur du quotidien alimentaire :

  • fruits et légumes frais ;
  • riz, légumineuses, épices ;
  • viande, poisson (selon les lieux et la fraîcheur).

Avantages :

  • prix généralement bas par rapport à l’Europe ;
  • produits de saison ;
  • contact humain, vie de quartier.

Il faut apprendre :

  • où acheter quoi (tout le marché n’a pas la même qualité) ;
  • comment choisir les produits ;
  • comment négocier avec tact quand c’est adapté.

3.2. Les supermarchés

Pour les produits “à l’européenne” :

  • fromages, charcuteries, certains produits laitiers ;
  • produits importés (céréales, snacks, vin, conserves de marque, etc.) ;
  • certains produits d’hygiène ou d’entretien.

Attendez-vous à ce que :

  • les prix soient parfois proches voire supérieurs à ceux d’Europe ;
  • les disponibilités varient ;
  • une “cuisine 100% comme à la maison” devienne rapidement coûteuse.

Le bon équilibre, pour la plupart des résidents :

  • marché pour le frais et le local ;
  • supermarché pour quelques produits “plaisir” ou indispensables.

3.3. Budget alimentaire : une vraie variable d’ajustement

Si vous acceptez de :

  • cuisiner des produits locaux ;
  • adapter votre façon de manger ;

… votre budget restera raisonnable. Si vous voulez reproduire exactement votre frigo européen, ce sera beaucoup plus cher que ce que vous imaginez.

4. Rythme de vie : journées type et décalage avec l’Europe

La vie quotidienne à Madagascar ne suit pas la même horloge qu’une grande ville occidentale. On va simplifier avec trois profils.

4.1. Journée type d’un télétravailleur

En pratique, beaucoup de télétravailleurs organisent leur journée autour de :

  • plages horaires où internet est plus stable ;
  • fenêtres horaires pour les clients/équipes en Europe ou ailleurs ;
  • moments off pour gérer la maison, les courses, les imprévus (électricité, etc.).

Une journée peut ressembler à :

  • matin : appels, réunions, tâches qui demandent une bonne connexion ;
  • milieu de journée : pause, courses, rendez-vous ;
  • fin d’après-midi / début de soirée : travail plus calme, tâches offline.

4.2. Journée type d’une famille

Pour une famille, le rythme est souvent structuré par :

  • les trajets école (avec temps de transport non négligeables) ;
  • la gestion de la maison (personnel éventuel, courses, cuisine) ;
  • les activités des enfants ;
  • les éventuels embouteillages.

L’école peut commencer tôt, les trajets peuvent être longs, et il faut intégrer un peu plus de marge dans l’organisation qu’en Europe.

4.3. Journée type d’un retraité

Pour un retraité, le quotidien peut être très agréable si :

  • on garde un rythme (sorties, promenades, activités, rencontres) ;
  • on ne se laisse pas glisser dans l’isolement ;
  • on organise les rendez-vous médicaux et formalités avec un peu d’avance.

Le temps est plus souple, mais il ne faut pas que la souplesse vire à la stagnation.

5. Relations avec le voisinage et vie de quartier

Vivre à Madagascar, ce n’est pas seulement “habiter une maison”. C’est aussi vivre dans un quartier, avec des voisins, des commerçants, des gardiennes/gardiens, etc.

5.1. Saluer, respecter, créer du lien

Des gestes simples changent tout :

  • dire bonjour aux voisins, au gardien, aux commerçants ;
  • éviter le ton sec ou arrogant ;
  • apprendre quelques mots de malgache (salutations, remerciements).

Un étranger qui se montre respectueux est en général bien accueilli, même s’il ne parle pas parfaitement la langue.

5.2. Discrétion et sécurité

Côté sécurité, la vie de quartier compte. Quelques principes simples :

  • éviter d’exposer ses biens de valeur ;
  • ne pas étaler sa vie financière ;
  • suivre les conseils des gens de confiance sur les habitudes à éviter (circuler de nuit seul, etc.).

Un bon voisinage, c’est aussi une forme de protection passive : des yeux qui voient, des oreilles qui entendent, des gens qui savent qui habite là.

6. Ce que le quotidien donne vraiment… quand on reste

Au bout de quelques mois, le quotidien à Madagascar ressemble souvent à ceci :

  • vous avez vos trajets habituels, vos repères ;
  • vous savez où faire vos courses pour tel ou tel produit ;
  • vous avez quelques contacts de confiance (chauffeur, médecin, artisan, voisin) ;
  • vous avez intégré les coupures, les lenteurs, les imprévus dans votre rythme.

Le décor a changé, mais la vie, elle, redevient… une vie normale : avec des routines, des contraintes, des joies, des agacements, des rencontres.

La question n’est plus “Est-ce que Madagascar est parfait ?” mais : “Est-ce que ce quotidien-là me convient mieux que celui que j’avais avant ?”

Conclusion : un quotidien différent, mais vivable et riche si on s’adapte

Vivre au quotidien à Madagascar, pour un télétravailleur, une famille ou un retraité, c’est accepter :

  • des contraintes de transport et d’infrastructures ;
  • des ajustements sur l’internet et l’organisation ;
  • une autre façon de faire ses courses ;
  • un rythme de vie plus lent, plus humain, parfois déroutant.

En échange, vous pouvez gagner :

  • un coût de vie plus maîtrisé si vous jouez le jeu local ;
  • une relation différente au temps et aux gens ;
  • un quotidien moins “performant” mais plus incarné.

Le but de cet article n’est pas de vous vendre du rêve ou de vous faire peur, mais de vous permettre de dire, en connaissance de cause : “Oui, ce type de quotidien me parle, j’ai envie de le vivre.”